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RSA : précaire solidarité



 Le gouvernement s’est décidé à prendre une mesure “sociale” d’envergure,  le RSA (revenu de solidarité active ), qui permettra d’accroître de 10% l’effort de la Nation en faveur des plus pauvres (1,5 milliards d’euros supplémentaires) 

Inespéré, ce dispositif ne marque cependant pas une “rupture “dans l’orientation économique et sociale sarkozienne. La priorité reste  le “paquet fiscal” (15 milliards d’euros) pour lequel  le Gouvernement a pris le risque de gonfler la dette publique. En revanche, la rigueur budgétaire s’impose d’elle même lorsqu’il s’agit des plus pauvres. Rappelons que Martin Hirsch s’est vu refuser les 2 à 3 milliards d’euros qu’il souhaitait… et les 1,5 milliards accordés ont attendu leur contrepartie  fiscale pendant un an. Quant aux choix de   taxer  les prospères revenus du capital, il  est aussi pragmatique qu’ habile   car on peut toujours compter sur la réaction “pingre” du Medef pour apparaître social à bon compte.

Le RSA part d’une intention louable mais pose de sérieux problèmes.

Le RSA ne va-t-il pas entretenir la pauvreté? 

Certes  il s’agit d’un ballon d’oxygène pour les plus démunis . Mais dans l’arsenal des politiques libérales de lutte contre le chômage volontaire, le RSA constitue une subvention au travail à temps partiel.  Or  la principale cause de la pauvreté actuelle réside dans la multiplication de ces  contrats précaires. On peut également se demander si les heures supplémentaires des uns ne feront  pas  les petits contrats des autres….qui viendront alors grossir les rangs des bénéficiaires du RSA.


Quel avenir pour le RSA?

Les hésitations quant au financement  traduisent un problème  qui remonte  au RMI, celui de la légitimité et de la pérennité de l’ aide sociale.  Lorsque l’essentiel de la protection sociale était finançée par le salaire, à travers les charges sociales, les recettes gagnaient en stabilité et en légitimité puisque le mécanisme de transfert relevait  d’une solidarité interprofessionnelle donc d’un régime d’assurance sociale (je travaille donc je côtise). En faisant le choix de la solidarité donc de l’impôt pour financer de nombreuses prestations, on expose la solidarité à toutes les conjonctures économiques et politiques…En effet, si demain,  l’économie se porte mieux, si le chômage diminue franchement,  combien les épargnants accepteront-ils de payer pour les salariés les plus pauvres? quels critères supplémentaires seront exigés pour en bénéficier et à quel taux?

 De l’assurance à la solidarité puis à la solidarité active, le RSA est un pas supplémentaire vers la concentration des aides sociales sur celles et ceux que l’opinion considère comme les plus méritants.

28 août 2008 - Aucun commentaire
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Claude Lévi-Strauss a cent ans




“Le grand philosophe anglais du XVIIIième siècle Hume s’est un jour attaché à dissiper le faux problème que se posent beaucoup de gens quand ils se demandent pourquoi toutes les femmes ne sont pas jolies, mais seulement une petite minorité. Il n’a nulle peine à montrer que la question n’a aucun sens. Si toutes les femmes étaient au moins aussi jolies que la plus belle, nous les trouverions banales et réserverions notre qualificatif à la petite minorité qui surpasserait le modèle commun. De même, quand nous sommes intéressés à un certain type de progrès, nous en réservons le mérite aux cultures qui le réalisent au plus haut point et nous restons indifférents devant les autres. Ainsi le progrès n’est jamais que le maximum de progrès dans un sens déterminé par le goût de chacun.”

Claude Lévi-Strauss. Race et Histoire (1961)

27 août 2008 - Aucun commentaire
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Female trouble



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Pour illustrer l’exposition “Female trouble” actuellement à la Pinacothèque de Munich, un beau travail réalisé à partir des photographies de Francesca Woodman suivi d’une vidéo de Pipilloti Rist “Ever is over all”  (1997)

27 août 2008 - 2 commentaires
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Les Crocs de Roselyne Bachelot

 

Roselyne Bachelot a tenu son pari. Elle est venue  au conseil des ministres de ce matin, Crocs de couleur rose aux pieds, pour, explique-t-elle,  fêter les 40 médailles françaises récoltées aux JO. 

La Ministre en charge de notre Santé  sait-elle que ces sandales pourraient présenter un danger sanitaire

Elles pourraient menacer , dans les hopitaux,  la sécurité tant des personnels soignants que des patients…comme le montre l’article suivant :

Les sandales de la marque américaine Crocs, très prisées par les personnels soignants autrichiens, vont être bannies des zones sensibles des hôpitaux viennois car elles peuvent impliquer des risques pour la sécurité des patients, ont annoncé mardi les autorités sanitaires. “Une expertise technique a révélé qu’elles n’étaient pas antistatiques et pouvaient perturber le bon fonctionnement des appareillages électroniques de précision, voire provoquer des explosions”, a indiqué le directeur des services techniques des Hôpitaux civils de la capitale autrichienne, Peter Wölfl. L’interdiction, déjà adoptée le mois dernier par l’un des principaux hôpitaux de la ville, les SMZ-Ost, va être étendue d’ici à la fin du mois à l’ensemble des établissements, a-t-il précisé à l’AFP. Elle concernera notamment les salles d’opération et de soins intensifs ainsi que les services de radiologie et de dialyse, où le port d’habits antistatiques est obligatoire, a souligné le responsable. 

  Sacrée Roselyne va. 

Les Bouddhas géants de Bamiyan


Le Voyageur

A Péchaouar, ce soir-là, je ne pouvais me débarasser d’un individu qui me racontait avec orgueil l’unique voyage qu’il avait fait, dans sa vie, de Kaboul à Kachgar. Deux années auparavant, j’étais parti de Damas. Par la route qu’avaient suivie les rois assyriens, puis Darius et Alexandre, j’étais entré dans Bagdad, Meched, Hérat et Kandahar.
J’étais donc assez qualifié pour dire au fâcheux qu’il ne m’étonnait pas, mais je m’en abstins. Tout d’un coup, je ne sais pas pourquoi, je lui demandai s’il avait vu les deux gigantesques statues du Bouddha qui sanctifient la vallée de Bamiyan.
-Je crois bien! s’écria-t-il. Je les ai beaucoup admirées et j’en ai fait le tour plusieurs fois.
-Permets-moi de baiser le pan de ta robe, lui dis-je. Tu es l’égal des djnoun, puisque tu as pu faire le tour de ces statues qui ont été sculptées dans le roc d’une falaise.
Aussitôt, il me  parla des lauriers-roses de Kaboul.

Saâdi, Le Jardin des Roses (vers 1250)

25 août 2008 - 1 commentaire
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Afghans et Occidentaux


Combattants Afghans tendant une embuscade aux militaires Anglais (vers 1842)

Face à la disparition de 9 soldats, les médias se  réfèrent un peu rapidement au conflit Franco- Algérien et du coup redonnent vie à de vieux réflexes. C’est ainsi que les premiers journaux télévisés qualifient  l’embuscade d’”attentat” et on se  risque à évoquer ”l’ Afghan à la gâchette facile” (France 2)

Par hygiène mentale, nous avont ouvert l’Usage du Monde, ouvrage de “l’écrivain voyageur”  Nicolas Bouvier, qui sillonna ces régions au milieu des années cinquante:

“Vis-à-vis de l’occidental, les Afghans ne changent en rien leur manière (…) Est-ce l’effet de la montagne? C’est plutôt que les Afghans n’ont jamais été colonisés. A deux reprises, les Anglais les ont battus, ont forcé le Khyber-Pass et occupé Kaboul. A deux reprises, les Afghans ont administré à ces mêmes troupes anglaises une correction mémorable et ramené la marque à zéro. Donc pas d’affront à laver, ni de complexe à guérir. Un étranger? un feranghi? un homme quoi! on lui fait place, on veille à ce qu’il soit servi et chacun de retourner à ses affaires.”

22 août 2008 - 1 commentaire
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La minute savoir vivre de Bree : comment faire Président lors d’obsèques nationales



Mr Sarkozy, quelle grave faute de goût en cet hommage aux soldats français!
Visiblement il n’est pas en vous de savoir vous gêner mais il conviendrait cependant , la prochaine fois, d’éviter la sorte d’humour qui va suivre:


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  Pour formuler des condoléances crédibles, on pourra  dire ceci :
“Un être cher vient de s’en aller; Il ne nous reste que des mots d’amitié pour tenter de vous consoler”
ou plus simple : “Nous partageons votre peine en ces moment si difficiles”

Allez encore un effort pour faire Président.

Brazza au coeur de l’Afrique (2)

13 novembre 1875. Lambaréné. Delta du Congo


Le roi m’écoute en fumant sa grande pipe, qu’un gamin rallume au charbon, il aspire longuement puis renvoie sa fumée par petites bouffées rapides. Un quart d’heure se passe sans qu’il ne daigne rompre sa béate tranquillité. Enfin la pipe passe en voyage circulaire, elle va faire une station à chaque bouche. Le moment est venu d’écouter la réponse royale

Rénoké, roi des Inengas, donne finalement son accord au jeune explorateur  de 25 ans. Il lui octroie 120 pagayeurs afin de remonter, jusqu’aux limites de son territoire, le fleuve Ogôoué. En partant à la recherche  des sources du fleuve Congo, Brazza réalise un rêve, celui d’achever le voyage du lieutenant Aymiès dont le récit avait enflammé son enfance.


C’est le début d’un périple de 3 ans dont il reviendra “marchant pieds-nus dans le désert, les jambes couvertes d’ulcères, tremblant de fièvre” mais accueilli en héros par les peuples de la côte pour avoir travaillé à la libération de centaines d’esclaves. Inauguration d’une légende qui s’achèvera 30 ans plus tard dans l’amertume lorsque l’enrôlement forcé des anciens esclaves dans les exploitations coloniales de caoutchouc et de café poussera Brazza au départ et au désespoir.

Les premières semaines sont éprouvantes. Il se plaint régulièrement (outre les moustiques) des chicaneries, de la ruse et de la défiance de son équipage et  de ses premiers hôtes. Mais quelle population “ne verrait pas dans les tentatives des blancs un danger très sérieux pour la consécration de leurs privilèges et ne chercherait pas également à s’armer de ruse?” concède-il.

Brazza ne va pas commettre l’erreur classique de nombre d’européens. Face à “l’extraordinaire” il cherche à comprendre et ne condamne pas.




Il découvre des cultures à part entière, avec leur art, leurs croyances, leurs techniques… Brazza est autant sensible au  raffinement des parures et bracelets M’Fans, à la pose fière des guerriers tatoués Obambas ou à la  coquetterie des femmes Okandas, dont la coiffe exige deux jours de travail (”La coquetterie du monde civilisé n’a pas été seule à inventer les chignons, les faux cheveux et les changements de mode“)…qu’aux talents culinaires de ses hôtesses.

En face, l’étonnement est constant.

Chez les Bingimili, ” le soir arrivé, je dois faire également devant témoins mes préparatifs de nuit : la curiosité des spectateurs n’est satisfaite que lorsque tous découvrant mes pieds nus, s’écrient : il a cinq doigts! ”

Chez les Fans qui le voient, en première analyse, comme un être intermédiaire entre les humains et les peuples fantastiques qui vivent au fond de l’eau, il parvient à entamer un dialogue. Mais “plus mystérieux pour eux encore, quand je leur dit que les blancs ont un pays où rien ne manque, ils ne pouvaient s’expliquer pourquoi nous l’avions quitté

Après avoir lutté un mois contre une violente fièvre, période où il est  pris totalement en charge par un village, il reprend sa route.

Arrivé en pays Oumbété, l’ingénieur Brazza est aux anges :

Quand j’arrivai l’après-midi, je trouvai cent à  cent cinquante hommes qui étaient venus m’attendre à la plage. A notre vue, leur étonnement fut grand, mais ma surprise ne fut pas moindre en apercevant un magnifique pont de lianes suspendu d’une rive à l’autre de la Passa. D’où ont-ils appris ce système de suspension si conforme à l’art de l’ingénieur?  Rien n’y manque, culée, piliers, tablées, tirants. Tout est complet et solide

Face à la polygamie, à l’esclavage ou  au cannibalisme, son attitude se veut ”scientifique”. Il distingue par exemple une forme mercantile de l’esclavage qu’il combat mais qu’il oppose à une forme originelle qui  relève selon lui d’une “justice primitive” : au départ, l’ennemi ou le coupable était tué et mangé, ici il est le plus souvent vendu….et Levi-Strauss ajouterait que chez nous il est  enfermé et coupé de la société, chose jugée très cruelle aux yeux de ces peuples…

Il décrit en plusieurs endroits la condition féminine  et s’émeut de leur sort (précocité des mariages traditionnel, travaux pénibles, vente de femmes…) Mais là aussi il ne brandit pas le drapeau civilisationnel. Il relie le statut des femmes à l’état rudimentaire des techniques de production, comme l’anthropologue Georges Balandier le confirme dans “Afrique ambigue”: dans ces sociétés  les relations humaines sont très directes car peu médiatisées par les choses que l’on peine à produire en abondance.  ”Les humains circulent autant que les biens” entre des groupes qui cherchent à bâtir des liens sociaux, limitant ainsi la liberté des femmes. Situation qu’il souhaitera modifier sans toutefois brutaliser ces sociétés.

20 août 2008 - 1 commentaire
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Incroyables et Merveilleuses : et bien jouez maintenant



 Le 18 juillet, le ministre de l’Education Nationale  a  accepté d’offrir un peu de musique aux spectateurs de l’émission de Jean-François Zygel. Xavier Darcos  s’est lancé dans une improvisation   qui a laissé le public sans voix. 

Daniel Picouly a insisté pour que la séquence ne soit pas coupée au montage, tandis que Xavier Darcos essayait de faire promettre le contraire à l’animateur. « Il y a des fausses notes », répétait-il. « Mais M. le Ministre, rétorqua Zygel, ce qui serait embêtant, c’est que ce soit moi qui fasse des fausses notes, puisque la musique est mon métier. Mais dans votre cas, où est le problème ? » L’argument le convainquit ; il céda en bougonnant.

Les yeux de Bette Davis -La séquence du spectateur

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