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Henri the blagueur:comment peut-on être anticapitaliste?



Henri Guaino est la plume du Président. Quand il ne rédige pas les  discours de sa majesté, il délivre directement sa pensée sur les ondes  déclenchant la plupart du temps de vives réactions (voir par exemple ses considérations  sur “l’homme africain”) Le démographe Emmanuel Todd l’a qualifié il y a peu de “cerveau fêlé“.

Le 2 novembre, sur les ondes d’RTL,  Guaino s’est lançé dans une défense vibrante du capitalisme présent dans la société “depuis le 14è siècle, énorme force de création, qui récompense l’effort, le mérite, défend la propriété privée“. “On ne peut pas être anti-capitaliste“, a-t-il jugé, “Allez à Venise, à Bruges voir ce qu’est le capitalisme, c’est toute une civilisation“…

Henri Guaino prétend s’appuyer sur les enseignements de l’historien Fernand Braudel qui, s’il a bien distingué l’économie de marché du capitalisme, se serait montré certainement plus prudent dans les datations ou le rôle civilisateur de ce système. L’idée que le capitalisme “récompense l’effort et le mérite” est révélatrice d’une lecture rapide de Braudel. Ce dernier a montré avec constance que  les “valeurs” du capitalisme sont plutôt  la manipulation des prix, l’opacité et la recherche du monopole au détriment de la concurrence…

La crise actuelle n’est en rien une “perversion du système” comme le prétend Henri l’éminence grise. A ce sujet, on lira avec intérêt le très clair article que Jean-Marc Vittorri a consacré à la crise des subprimes (”La crise du subprime vue par Fernand Braudel “Les Echos 02/09/08 )

Dans une perspective plus révolutionnaire signalons les propos d’ Emmanuel Wallerstein qui dans un interview accordé au Monde le 11 octobre pronostique un avenir bien sombre au capitalisme. Peut-être est-il  excessif mais il a le mérite d’ouvrir un débat que d’autres souhaiteraient clore pour longtemps.

3 novembre 2008 - Aucun commentaire
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Henri Guaino persiste et signe



L’éminence grise de notre P’ésident, Henri Guaino, réitère ses propos sur le retard de “l’homme africain” qui, selon lui,  ne serait pas “assez entré dans l’histoire“. En cela il confirme le discours prononcé à Dakar .

Evidemment, on pourrait opposer à  ce discours  la croissance  rapide de l’urbanisation sur l’ensemble du continent africain (55% de la population totale d’ici 2025) ou encore les conclusions  de la Banque Mondiale qui témoigne du dynamisme de ce continent qui “pour la première fois depuis trente ans évolue au même rythme que le reste du monde

On pourrait objecter à Monsieur Guaino qu’il y a de fortes chances pour qu’un jeune français  soit culturellement bien plus proche d’un jeune africain qu’il ne pourrait l’être  d’un de ses  ancêtres paysans du XVIII ième siècle.

Mais la prose de notre éminence traduit une nouvelle attitude de la France vis-à-vis d’un continent dont elle s’est longtemps sentie responsable. La France a décidé de tourner le dos à l’Afrique. Elle ne veut plus assumer son rôle de “tutrice”. Aux Africains de se débrouiller en somme, comme l’illustre depuis 2007 la diminution de l’aide au développement accordée par la France.

Qu’en penser? 

Lisons cet intéressant article de l’anthropologue P. Lavigne Delville.

On y apprend que depuis 40 ans, un cercle vicieux post colonial bride l’essor africain. Du côté occidental, mauvaise conscience, paternalisme ainsi que le  soutien accordé à des régimes corrompus ont  entretenu  un  sentiment d’infériorité, victimaire, compensé par la survalorisation d’une identité mythique, ce fameux “homme africain” auquel Monsieur Guaino a fini par croire.

Si la France, ex puissance coloniale, a participé et participe encore au sous développement africain  et qu’elle entretient une psychologie mortifère alors c’est  une bonne nouvelle qu’elle s’éloigne de l’Afrique.

On pourrait attendre qu’elle le fasse avec élégance, mais Monsieur Guaino n’a pas cela en magasin.