Notre hyper président se déplace à travers le monde 3 fois plus souvent que l’ancien. Cela a incité les mauvais esprits du journal Terra Economica à calculer son bilan carbone qui s’élèverait à 7000 tonnes de CO2, soit la consommation de 1000 français ou l’équivalent de ce que rejettent 823 vaches.
Imaginons que Nicolas Sarkozy compense cet impact vertigineux sur l’environnement en achetant des droits à polluer. Au prix de la tonne de CO2, il lui en couterait 210 000 euros soit 87% de son salaire annuel, ce qui lui laisserait 2500 euros par mois.
Mais le pire est peut-être à venir : on estime qu’avec l’achat d’un nouvel avion les émissions présidentielles pourraient doubler. Pour faire face à ses responsabilités écologiques, à moins que la crise ne fasse chûter le cours de la tonne de carbone, il ne resterait plus au Président, en dernière extrémité, qu’à s’augmenter de 170%.
“On n’a pas le droit sur la misère humaine de faire de l’idéologie“…non ce n’est pas une réplique de série B mais l’argument qu’a choisi Nicolas Sarkozy pour justifier son plan emploi. En réalité, plus que jamais, une certaine idéologie est aux commandes.
Créer 100 000 emplois aidés dans le secteur non marchand c’est être pragmatique dit-on. Mais alors, que faisait-on auparavant? De l’idéologie ? Il faut le croire puisque 83000 emplois aidés avaient été supprimés ou non reconduits entre janvier et juillet (Chiffres disponibles à la Dares, p.4) et que seulement 4000 emplois aidés prévus dans le cadre de la politique de la ville (sur 45000) ont vu le jour.
L’action du Gouvernement est conduite au nom d’une vision néolibérale qui semble trouver dans la crise une motif d’accélération : proposition de généraliser les CDD en levant toutes les restrictions, extension du travail le dimanche…D’ailleurs, le Médef se félicite que l’on s’attaque aux ”tabous” de la société française. Vive la crise.
La priorité de Nicolas Sarkozy n’a jamais été la lutte contre le chômage mais plutôt la “fluidification” du marché du travail. Les chiffres de l’Anpe montrent que parmi les offres de travail ce sont les contrats les plus précaires (de moins d’un mois ) qui progressent le plus et les fins de CDD sont de loin la première cause de sortie de l’emploi. En période de ralentissement, les libéraux en tirent la conclusion qu’il faut encore plus recourir à ce type d’emplois…le RSA constituant le volet “social” de cette politique.
Or notre société est exposée à une forte augmentation du chômage, comme on le constate aux Etats-Unis, au Royaume Uni et en Espagne. En effet, depuis un an les entreprises avaient maintenu globalement leurs effectifs au prix d’une réduction impressionnante des gains de productivité et d’une suppression drastique des contrats d’intérim. Avec la baisse actuelle de la demande ce sont désormais tous les emplois qui sont menacés. On ne voit pas en quoi la multiplication des CDD rassurerait les entreprises.
Un plan de relance de la consommation s’impose mais après des décennies de rigueur sait-on encore comment relancer avec efficacité la demande? Est-on capable de revenir sur 20 ans de stratégie économique favorable aux revenus du patrimoine et aux salaires les plus élevés?
Le Gouvernement s’est engagé dans une réforme “sociale” d’envergure, le RSA (revenu de solidarité active), qui permettra d’accroître de 10% l’effort de la Nation en faveur des plus pauvres (1,5 milliards d’euros supplémentaires)
Si le RSA part d’une intention pertinente, aider les travailleurs pauvres, il n’est sans ambiguités ni contradictions. La véritable refonte du système socio-fiscal n’est pas pour demain…..
Un tournant social?
Ce dispositif ne marque pas une “rupture “dans l’orientation économique et sociale sarkozienne. La priorité reste le “paquet fiscal” (15 milliards d’euros) pour lequel le Gouvernement a pris le risque de gonfler la dette publique. En revanche, la rigueur budgétaire s’impose d’elle même lorsqu’il s’agit des plus pauvres. Rappelons que Martin Hirsch s’est vu refuser les 2 à 3 milliards d’euros qu’il souhaitait… et les 1,5 milliards accordés ont attendu leur contrepartie fiscale pendant un an.
Le RSA ne va-t-il pas entretenir la pauvreté?
Dans l’arsenal des politiques libérales de lutte contre “le chômage volontaire”, le RSA constitue une subvention au travail à temps partiel. Or la principale cause de la pauvreté actuelle réside dans la multiplication de ces contrats précaires. On peut également se demander si les heures supplémentaires des uns ne feront pas les petits contrats des autres….qui viendront alors grossir les rangs des bénéficiaires du RSA.
Quel avenir pour le RSA?
Lorsque l’essentiel de la protection sociale était finançé par le salaire, à travers les charges sociales, les recettes gagnaient en stabilité et en légitimité puisque le mécanisme de transfert relevait d’une solidarité interprofessionnelle donc d’un régime d’assurance sociale (je travaille donc je côtise). En faisant le choix de la solidarité par l’impôt, on expose les bénéficiaires à toutes les conjonctures, économiques comme politiques… Si demain le cycle économique s’inverse combien d’épargnants accepteront de payer pour les plus pauvres? quels critères supplémentaires seront exigés? Déja, une partie de la majorité exige que l’impôt imaginé pour financer le rsa reste “transitoire” .
Le RSA n’affaiblit-il pas le salariat?
L’allocation spécifique de solidarité, accordée aux chômeurs en fin de droit, tend à assigner le demandeur d’emploi indemnisé au statut de pauvre et de ce fait l’isole de l’ensemble des salariés. Le RSA ne fera-t-il pas de même avec certains travailleurs qui glisseront de la situation de salarié à celle de pauvre?
De l’assurance à la solidarité puis à la solidarité active, le RSA est un pas supplémentaire vers la déresponsabilisation des entreprises et le fractionnement du salariat.
Le financement du RSA par l’épargne représente-t-il un progrès social?
L’annonce d’un prélèvement de 1% sur certains revenus du capital a toutes les apparences de la justice…mais il s’agit plutôt d’un bricolage de dernière minute. Les marges de manoeuvres de l’Etat ayant été épuisées par la loi TEPA et le Gouvernement ne pouvant envisager de taxer les revenus ou la consommation, reste l’épargne.
L’équité du prélèvement est contestable. Strictement proportionnel, il favorise les plus riches épargnants…qui pourraient d’ailleurs y échapper grâce au bouclier fiscal, ce que souhaite d’ailleurs Christine Lagarde.
La nature de l’assiette fiscale est problématique. Faire de la rente le fondement d’une solidarité “active” n’est-il pas contradictoire? Cela ne revient-il pas à légitimer la formation d’une économie rentière?

Mr Sarkozy, quelle
grave faute de goût en cet hommage aux soldats français!
Visiblement il n’est pas en vous de savoir vous gêner mais il conviendrait cependant , la prochaine fois, d’éviter la sorte d’humour qui va suivre:
Pour formuler des condoléances crédibles, on pourra dire ceci :
“Un être cher vient de s’en aller; Il ne nous reste que des mots d’amitié pour tenter de vous consoler”
ou plus simple : “Nous partageons votre peine en ces moment si difficiles”
Allez encore un effort pour faire Président.
Le 30 juin dernier, le P’ésident se trouve face à Audrey Pulvar, journaliste de France 3, qui lui pose une question très directe à propos des expulsions de sans papiers.
Un esprit taquin a émaillé cette vidéo de quelques commentaires.
Instructif, on a connu Mr Sarkozy plus à son aise.

Comment Nicolas Sarkozy a-t-il pu devenir Président?
Selon Alexis de Tocqueville, nos société démocratiques sont animées par une “passion de l’égalité”. Cette tendance psychologique est source de progrès social mais aussi d’un mécontentement chronique. L’individu démocratique n’éprouverait, selon lui, que ressentiment à la vue du moindre privilège qu’il ne possède pas et mépris envers ceux qui se situent en dessous de lui dans la hiérarchie sociale. C’est le “Narcissisme des petites différences” dont parlait le docteur Freud…
Il nous semble que ce sentiment est l’origine de la victoire de Nicolas Sarkozy et que ce sont les “smicards” qui ont, en particulier, fait les frais de cette attitude.
Ce retournement étonnant de la colère des Français contre les plus défavorisés nous fait penser à un “Mai 68 à l’envers”. En effet, les Français gardent un souvenir positif des accords de Grenelle qui conclurent Mai 68. La mesure la plus symbolique fut la forte hausse du smic qui stagnait jusque là. Cette mesure était attendue : en 1968 le smic ne représentait que 42% du salaire médian, contre 56% en 1956. Les accords de Grenelle furent accueillis comme la réparation d’une injustice par une majorité d’ ouvriers et d’employés.
Changement complet de décor depuis 15 ans. Les salaires progressent très faiblement et beaucoup de salariés sont rattrapés par le smic voire basculent dans cette catégorie. Pire, les 35 heures amplifient le phénomène de sorte que le salaire minimum atteint 67% du salaire médian en 2006. Trop poche du salaire du plus grand nombre, le smic devient un repoussoir.
Le ressentiment d’une partie des classes moyennes qui peine à se démarquer du smic donne la victoire à Sarkozy qui propose une réduction d’impôts ciblée sur cette population, remet en cause la générosité des aides sociales, montre du doigt les “privilèges” d’autres salariés fonctionnaires…
Mais depuis sa victoire, Nicolas Sarkozy ne s’est-il pas pris à son propre jeu?
Va pour les vacances en yacht…mais lorsqu’ il a converti son traitement présidentiel en salaire et s’est augmenté la réaction de nombreux Français a été sévère. Désacralisé, banalisé…salarié…le Président n’est plus à l’abri du ressentiment “démocratique” qui l’a porté au pouvoir.
Or Alexis de Tocqueville relate qu’aux Etats-Unis (années 1830) où “même le Président travaille pour un salaire” sa rémunération ainsi que celle des hauts fonctionnaires est fixée à l’avance et relativement modeste. Plus les gouvernants se rapprochent du peuple plus ils doivent respecter les normes égalitaires. Tocqueville avait une expression pour qualifier la réintroduction de comportements aristocratiques dans une société égalitaire : un monstre dans l’état social. Nous ne nous risquerons pas à qualifier ainsi notre Président puisqu’il semble s’être amendé.