Jacques et Michel: les étonnants bénéficiaires du “bouclier fiscal”

Jacques Marseille voudrait nous faire croire que le bouclier fiscal (qui plafonne le prélèvements fiscaux à 50% du revenu imposable) ne profite pas aux riches comme nous serions tentés de le croire. Non non, c’est aux pauvres qu’il bénéficie. Reproduisons ici cette perle rare:
“9071 , C’est le nombre de « pauvres » qui ont bénéficié du bouclier fiscal en 2008. Pauvres, car leur revenu est inférieur à 3 753 euros par an, soit moins que le RMI !
Au total, ils représentent 74 % des bénéficiaires du bouclier. Certes, ils ne se sont vu restituer que 11,5 millions d’euros sur les 241 millions qu’a coûté le plafonnement de l’impôt.
Mais si la bonne politique est celle qui fait le bonheur du plus grand nombre, alors le bouclier en fait partie !”
Ah cette haine des partageux qui suinte dans une telle exclamation.
Mais qui sont donc ces riches déguisés en pauvres? Plus d’un tiers vivent dans les Dom Tom et surtout à la Réunion où la proportion de Rmistes est considérable. Comme ils possèdent une résidence principale fortement taxée ils peuvent bénéficier du bouclier fiscal. Toutefois, deux faits semblent avoir échappé à Monsieur Marseille.
Si ces personnes ont obtenu le bouclier pour subvenir à leurs besoins beaucoup d’autres, qui sont moins à plaindre, ne ne signalent pas de peur d’un redressement fiscal. Le Gouvernement lui même se plaint de la faible popularité du bouclier fiscal. Le public potentiel du bouclier fiscal a peu de chance d’être un vivier de pauvres sous informés.
Quant à la poignée de “pauvres” qui disposent d’un patrimoine supérieur à 15,3 millions d’euros, levons le voile sur elles : “ Treize de ces “nantis” déclarent un revenu annuel inférieur à 3 753 € (moins qu’un RMI) ! Et 27 d’entre eux affichent moins de 12 964 € par an (moins que le smic). De riches héritiers ayant opté pour une vie de bohème? Des rentiers incapables de tirer davantage de revenus de leur patrimoine? Non, des contribuables exploitant au mieux les niches fiscales, telles que les investissements défiscalisés dans les Dom-Tom ou les travaux de restauration de certains bâtiments classés (loi Malraux). “Ils font un usage intensif des dispositifs de minoration du revenu imposable“, explique le député socialiste isérois. Moyennant quoi ces petits malins ne paient pratiquement pas d’impôt sur le revenu: 47 € en moyenne pour les 13 évoqués, dont le taux d’imposition est donc inférieur à 1,25%. (Didier Migaud, député socialiste de l’Isère et Président de la commission des finances de l’Assemblée Nationale)

