Henri Guaino persiste et signe

L’éminence grise de notre P’ésident, Henri Guaino, réitère ses propos sur le retard de “l’homme africain” qui, selon lui, ne serait pas “assez entré dans l’histoire“. En cela il confirme le discours prononcé à Dakar .
Evidemment, on pourrait opposer à ce discours la croissance rapide de l’urbanisation sur l’ensemble du continent africain (55% de la population totale d’ici 2025) ou encore les conclusions de la Banque Mondiale qui témoigne du dynamisme de ce continent qui “pour la première fois depuis trente ans évolue au même rythme que le reste du monde“
On pourrait objecter à Monsieur Guaino qu’il y a de fortes chances pour qu’un jeune français soit culturellement bien plus proche d’un jeune africain qu’il ne pourrait l’être d’un de ses ancêtres paysans du XVIII ième siècle.
Mais la prose de notre éminence traduit une nouvelle attitude de la France vis-à-vis d’un continent dont elle s’est longtemps sentie responsable. La France a décidé de tourner le dos à l’Afrique. Elle ne veut plus assumer son rôle de “tutrice”. Aux Africains de se débrouiller en somme, comme l’illustre depuis 2007 la diminution de l’aide au développement accordée par la France.
Qu’en penser?
Lisons cet intéressant article de l’anthropologue P. Lavigne Delville.
On y apprend que depuis 40 ans, un cercle vicieux post colonial bride l’essor africain. Du côté occidental, mauvaise conscience, paternalisme ainsi que le soutien accordé à des régimes corrompus ont entretenu un sentiment d’infériorité, victimaire, compensé par la survalorisation d’une identité mythique, ce fameux “homme africain” auquel Monsieur Guaino a fini par croire.
Si la France, ex puissance coloniale, a participé et participe encore au sous développement africain et qu’elle entretient une psychologie mortifère alors c’est une bonne nouvelle qu’elle s’éloigne de l’Afrique.
On pourrait attendre qu’elle le fasse avec élégance, mais Monsieur Guaino n’a pas cela en magasin.
